Je ne regarde pas trop souvent la télévision. La faute à Internet, vous savez cette invention révolutionnaire sans quoi vous ne pourriez pas me lire. Cependant il arrive parfois qu'Internet ne fonctionne pas, le Wifi faisant de temps en temps des siennes. Et quand Internet ne marche pas, on est obligé de se rabattre sur autre chose pour s'occuper ; la télévision par exemple.
J'ai donc allumé ma télévision ce jour là (vous savez ce genre de rectangle avec écran incorporé qui n'a ni souris ni clavier ). Je suis ainsi arrivé sur TV5 où un jingle annonçait un film cap-verdien. N'ayant rien d'autres à faire et ayant le goût du risque, je me suis donc décidé à le regarder ou tout au moins à suivre les premières minutes pour voir si j'allais accrocher.
Et vlan ! J'étais pris dans un tourbillon de couleurs, de lumière et de musique. "Nha fala", c'est comme cela que s'appelle le film, est une comédie musicale réalisée par le bissau-guinéen Flora Gomes mais tournée au Cap-Vert. La musique quant à elle est du légendaire saxophoniste camerounais Manu Dibango. Cela donne un cocktail détonant et émouvant.
Vita une jeune cap-verdienne interprêtée à merveille par la sublimissime comédienne sénégalaise Fatou Ndiaye est touchée par une malédiction qui condamne les femmes de sa famille à ne jamais chanter. Convaincue par son petit-ami musicien rencontré à Paris elle se décide à braver le sort.
A première vue l'histoire ne paraît pas terrible, et c'est vrai elle ne l'est pas. Mais ce qui m'a plu dans ce film avant tout n'est pas l'histoire mais la mise en scène et la musique. Flora Gomes réussi à nous faire rêver pendant 1h30mn, il nous transpose dans un univers féérique et enfantin via les sublimes décors du Cap-Vert. Et que dire de la musique de Manu Dibango ! Elle nous fait rêver à un point tel que les larmes nous montent rapidement aux yeux.
A une question sur le pourquoi de ce film Flora Gomes répondait : "L'idée d'une comédie musicale m'est venue parce que j'avais envie de raconter une histoire résolument optimiste. On parle beaucoup d'une manière négative de l'Afrique: les guerres, la famine, les maladies. Je voulais montrer l'extraordinaire vitalité de ce continent. Il y a entre autres des musiciens extrêmement talentueux et actifs. Or, la musique est le meilleur moyen d'expression que possèdent les Africains. Elle est présente au quotidien, annonce les bonnes et mauvaises nouvelles et permet d'extérioriser ses états d'âme ".
Son pari est réussi avec brio. "Nha fala" se déguste comme une confiture. La seule fausse note, s'il faut en trouver une, est le passage du film tourné à Paris. Cela fait un peu comme une goutte de gris dans un océan de couleurs. Mais mis à part cela ce film est un chef d'oeuvre et gagnerait à être mieux diffusé. Qui a dit que le cinéma africain était mort ?